«Je n'ai qu'une passion: celle qui me permet d'être libre sous le joug, content dans la peine, riche dans la nécessité et vivant dans la mort.» Giordano Bruno

lundi 30 juin 2025

dimanche 29 juin 2025

Déchirer la vie

Consommer, prendre conscience du temps qui passe, en vain, se branler, revenir de tout, répéter les mêmes actions chaque jour, sans fin...  Il n'y a plus vraiment rien d'autre que dormir, manger, travailler, chier, et attendre son tour pour la fin. C'est le résumé de ma vie.

J'aimerais changer mon train de track, mais il faudrait que je retourne me faire souffrir avec l'université pour une deuxième maîtrise et m'endetter, à nouveau, pour un autre emploi précaire, disons, prof au cégep. J'ai pas trop envie, non. J'adore étudier, mais pas à ce prix.

Alors, je tourne dans le même rond, pas captivant. J'aimerais pouvoir m'échapper de ma cage, je cherche encore un moyen, mais ça devient très difficile. Avec ma santé, je ne peux pas partir habiter dans un autre pays. Y a ça d'éliminé. J'aurais aimé tout vendre et partir à la grande aventure, mais cette option n'est plus disponible. 

Alors je me fixe des petits objectifs. J'avance là-dedans. Je lis les livres que je voulais lire il y a 10, 15, 20 ans, mais que j'avais mis de côté, en attendant. J'écoute de la musique, des films, mais c'est partout du pareil au même. Il n'y a rien de mémorable dans quoi que ce soit, et je me trouve plutôt banal.

J'attends mes résultats médicaux. J'attends mon exécution. Des fois je trouve que je dramatise, et j'en ris un peu, mais pas longtemps. Il n'y a pas beaucoup de jeu pour le plaisir pur. Une fois que certaines idées que je me faisais sont tombées, le monde a pris une autre tournure, pas amusante. Maintenant je nage dans le nihilisme. Et c'est terrible. C'est pourquoi hier j'ai recommencé à lire Nietzsche, surtout son Zarathoustra. Je veux le terminer enfin pour une fois dans ma vie.

Il y a des moments où je suis heureux. Mais je me sens entravé dans mes projets par mon travail qui me prend le trois quart de mon temps. Par contre, ce serait encore pire si je n'avais pas d'emploi. C'est d'avoir à toujours choisir entre pire et moins pire qui m'épuise, m'exaspère et me tue à l'usure. 

Je veux vivre, j'aime la vie, l'aventure, mais je suis pris dans la situation d'être un ruminant qui broute paisiblement son herbe, et qui doit se dire satisfait. Ce n'est pas moi. Je suis un lion qui veut déchirer la vie.

Je suis un univers.


samedi 28 juin 2025

Art et politique: le mauvais goût

La politique est la mort de l'art et vice versa. La politique, dans une certaine mesure, peut inspirer l'art, mais dès qu'elle devient en celui-ci trop explicite ou trop directe, l'art devient de la politique et perd son sens. La musique devient slogan, musique militaire et hymne national. L'art socialiste est le parfait exemple de l'art asservi par la politique: c'est le summum du mauvais goût. 

Personnellement, chaque fois que je perçois des messages trop directement politiques dans des chansons, ça me fait le même effet que lorsqu'on ouvre les lumières dans une discothèque à sa fermeture: on voit tout d'un coup la vraie allure des gens, et l'état à la fois banal et délabré des lieux après une soirée de fête. Habituellement, la "magie" est perdue, et c'est un dur retour à la réalité: exactement ce qu'est la politique. 

mardi 24 juin 2025

Merci Juin

Jusqu'à maintenant, en juin, mes problèmes respiratoires ont été très limités, voire presque inexistants. Je ne tousse plus le matin en me levant. Et je n'ai plus aucun problème de nez. J'ai même monté hier, par défi, tout l'escalier arrière en courant pour monter chez moi au deuxième étage et je n'ai pas été essoufflé. Mai avait été terrible, même avril je crois. L'hypothèse d'une sorte de réaction allergique reste possible. En tout cas, ça semble varier beaucoup et dépendre des mois, des saisons. La chaleur extrême des derniers jours ne semble avoir aucun effet sur mes poumons, même que par moments, à l'extérieur, je semble me sentir encore mieux que jamais. La rhumatologue m'a dit que d'après les tests, la cause ne semblait pas autoimmune. Je ne sais pas si ça veut dire que ça implique que la cause n'est pas allergique. Je vais probablement avoir des réponses en juillet. Le pneumologue m'a dit au début que ce n'était pas inquiétant. Reste que tant qu'on ne sait pas exactement c'est quoi, ça m'inquiète, et c'est normal. 

mardi 10 juin 2025

Le système de la misère

Nous sommes dans un système
Qu'on le veuille ou non
Nous sommes dans une nationalité
Qu'on le veuille ou non
Nous sommes dans une classe
Qu'on le veuille ou non

On peut sortir de sa nationalité
On peut sortir de sa classe
Et il en reste toujours des traces
Mais on ne peut sortir du système
Car il est mondial

Nous sommes des esclaves du système
Ce système c'est la finance
Ce système c'est ceux qui ont tout contre ceux qui n’ont rien
Ce système c'est ceux qui ont tout le pouvoir contre ceux qui n'ont aucun pouvoir
Ce système c'est l'esclavage de l'homme par l'homme

L'argent ne rend pas nécessairement l'homme heureux
Mais la misère peut le rendre malheureux

Ceux qui vivent confortablement à l'intérieur du système
Ne le sentent pas et ne croient pas qu'il existe
Ils sont volontiers des agents de la misère des autres
Ils mangent dans la main de leurs maîtres
Et se donnent bonne conscience du mal qu'ils font aux autres
En s'abritant derrière leur professionnalisme

Le système produit ainsi des criminels en série
Qui sont en dedans
Qui sont en dehors
Tu veux prendre le chemin court
Tu tues, tu voles, tu escroques, ou tu fais ton devoir de professionnel
Tu as peut-être raison de vouloir aller plus vite

Mais tu es un égoïste
Tu es un fondamentaliste du système
Avec une bonne conscience confortable
Tu tues sans t'en rendre compte
Tu es le nouveau monstre tortionnaire

Sans presque aucune turbulence intérieure
Tu commets un génocide en ouvrant une boîte de Cracker Jack
Tu signes un pacte avec l'apocalypse
Tu ne fais que ta job en amenant les trains de prisonniers
À l'extermination
Et l'histoire recommence sans fin
Sans fin

Tu es le nouveau nazi du totalitarisme corporatif
Et comme lui
Tu ne sauras jamais ce que tu fais

Et c'est pour ça que la violence dont tu as tant peur
Celle qui se passe dans les abattoirs dont tu manges la viande
Quand même

Est partout
Parce que tu n'es pas prêt à mourir pour la vérité
Pour la liberté
Ni pour quiconque
Parce que tu n'as pas de courage
Pas de volonté
Encore moins de cœur
Parce que tu es la pire forme de lâcheté
Le monstre professionnel
Éternel agent du système de la mort