«Car je soutiendrai toujours qu'en parlant d'eux-mêmes, les grands hommes parviennent à se dépasser et les hommes quelconques à devenir quelqu'un. En effet, il s'agit d'un domaine où les passions, l'intérêt, la profonde connaissance, etc., ne laissent pas de place à l'affectation, à la sophistication, etc., c'est-à-dire à ce qui corrompt au plus haut point l'éloquence et la poésie; en effet, on ne peut se contenter de lieux communs lorsqu'on parle de soi : ce sont la nature et le cœur qui dictent nos propos, et l'on parle avec inspiration, plénitude, passion. Ainsi, quand on dit qu'il est utile aux écrivains de traiter de sujets d'actualité, on devrait dire qu'il leur est plus utile encore de parler d'eux-mêmes, même si parler de soi ne semble pas à première vue intéresser les auditeurs, mais il n'en est rien.» Giacomo Leopardi, Zibaldone, p.29

jeudi 9 février 2017

La vertu de ne pas être REJOIGNABLE

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Réduire les OCCASIONS de distraction

Cela veut dire: fermer son compte Facebook (urgent), fermer son compte Twitter, fermer son compte Instagram, fermer son compte Pinterest, et surtout, ne pas avoir de cellulaire, et si vous en avez déjà un et que vous êtes contaminé par le virus des zombies à deux doigts, mettez-le au pilon (très urgent).







Les Américains ont élu un président qui leur ressemble: capacité d'attention limitée, accro des réseaux sociaux, etc. Le problème, c'est que la ressemblance n'est pas un critère pour la compétence.

mercredi 8 février 2017

Le manque de repères spirituels

Je constate toujours plus à quel point nous manquons de repères spirituels. Si je veux être chrétien, je dois minimalement lire la Bible, mais quel fouillis! Et le Nouveau Testament, c'est tellement mince!

De plus, dans ces écrits, tout est de seconde main, voir plus! Les prophètes n'ont rien écrit, comme Socrate. Comment savoir alors si ce qu'on nous raconte est bien la vérité? J'ai appris dans mes études à l'université que les Anciens étaient bien coquins dans leur façon de rapporter leurs histoires, souvent empreintes d'un intérêt personnel, à peine dissimulé. Ils n'avaient pas du tout notre notion d'«objectivité», typique d'un monde qui vit dans les données et la science.

Les sources spirituelles solides sont rares, éparpillées, disséminées. Même dans le bouddhisme, je crois que tout est rapporté.

J'essaie de trouver du solide quelque part, je n'en trouve pas. Tout est matière à interprétation dans ce domaine.

Quels sont les principaux points d'une religion?

-La croyance à une vie après la mort, dans un lieu quelconque, ou sous forme de réincarnation.
-Un jugement après la mort de nos actes, de notre vie.
-Un Dieu unique, ou une multiplicité de dieux.
-Un Dieu distant, froid et indifférent, ou un Dieu aimant et miséricordieux.
-Le pardon, l'humilité, la patience, l'amour, ou la libération du désir.

Vous voyez, ce sont les grandes lignes de toutes les religions, et quant à moi, c'est leur seul contenu. Tout le reste est de l'interprétation à partir de ces lignes directrices.

Quand on cherche, il n'y a RIEN.

Quand on se met à lire l'Ancien Testament, on se rend compte que c'est presque un texte administratif: généalogie, comptes-rendus des guerres, déplacements du peuple juif, etc. On décroche rapidement. Et la Genèse, on sait aujourd'hui que c'est l'histoire mésopotamienne mal rapportée d'Enki et Ninhursag. Vraiment aucune gêne! Avec en boni des contradictions, donc deux récits différents de la Genèse, à quelques pages de distance, quand on lit bien!

Non, vraiment, le sens est à chercher ailleurs...

C'est pas dans ces écrits qu'on va trouver le SENS.

Et ici, c'est un peu comme aux échecs: on peut étudier une défense autant qu'on veut, et perdre quand même avec cette défense, parce qu'on n'a pas regardé la position «avec ses yeux à soi», c'est-à-dire qu'on n'a pas regardé la position avec ses particularités, autrement dit, on n'a pas pensé par soi-même. Car qui a dit que ce qu'on a étudié dans les livres était la vérité dernière? Personne n'oserait le dire... pas même celui qui a écrit le livre. C'est pourquoi le simple fait d'être attentif, dans n'importe quelle situation, nous permet souvent de trouver la réponse par nous-mêmes, et de surprendre tout le monde, à tout le moins ceux qui se basent sur ce que les autres disent ou pensent à leur place.

Il faut donc construire nos repères spirituels, de pied en cap, parce qu'ils n'existent pas encore, dans notre époque particulière.

Ce grand projet commence par le travail sur soi, avec une pensée pour les autres.

Un peu plus de bonté est un bon commencement.

Je me rends compte que le travail sur soi est extrêmement difficile, voire le plus difficile.

J'ai toujours tendance à rejeter la faute de mes manquements sur les autres, la société, le gouvernement, le capitalisme, etc.

Mon corps m'indique tous les jours que je suis dans l'erreur nutritionnelle, mais je préfère prendre des antidouleurs puissants qui me détruisent le cerveau.

Je persiste et signe, dans l'erreur.

Pourquoi cet entêtement? cet aveuglement? Pourquoi cette volonté larvée de mourir?

-Parce que ce monde est en contradiction avec mes idéaux de jeunesse.

C'est tout.

Je dois maintenant réajuster le tir, avec un certain espoir, de voir ce monde arriver de mon vivant.

Je dois participer à sa création, à partir de moi-même, à ma façon personnelle, et c'est possible.

Je dois construire mon MONDE.

Parce qu'avoir le «travail» comme seule valeur, comme seul mot à la bouche, comme seule solution, et de travailler comme des cons, on ne sait vraiment pas où on s'en va.

On pense que la planète est en danger, mais on continue de travailler et de promouvoir le pétrole et les CFC, parce qu'il faut bien manger, mais qui pense sincèrement à l'avenir dans tout ça?

-Personne.

Le bateau navigue tout seul, et la faute sera rejetée sur les «autres» (gouvernement, capitalistes, etc.) quand les dommages seront faits.

C'est la réalité.

C'est pour ça que ça prend un changement intérieur de CHAQUE individu.

Et c'est pour ça que ça prend des repères spirituels profonds qui respectent, en plus, notre environnement.

La seule fonction des religions actuelles est de servir de consolation pour le mal qu'on se fait à soi-même.

mardi 7 février 2017

Un pas pire groupe: La Carabine


Ma dernière découverte. Je trouve que ça fait du bien d'avoir enfin du rap qui ne parle pas de dope, prison, gangs de rue, etc.

La toune Asphalte de leur dernier album Chasser ses démons est ma préférée jusqu'à maintenant.

C'est tôt pour le dire, mais je crois que ces gars sont les prochains Beastie Boys.


samedi 4 février 2017

Ce qui me rend heureux

La créativité.

Quand ça bouge dans ma tête, que les idées s'activent, que les liens se font, que je perçois de nouvelles perspectives inspirantes, que je navigue mentalement dans mes lectures, dans les idées, dans les époques, c'est à ce moment que je suis bien, que je suis «un» avec moi-même, que je suis heureux, quoique je ne m'en rende pas toujours compte.

Quand je suis centré, concentré, dans «mon monde», je suis en harmonie avec moi-même, avec le tout.

J'ai toujours la plus grande difficulté à atteindre cet état, pour toute sorte de raisons, parfois impondérables, et c'est ce qui fait mon plus grand malheur, c'est ce qui m'empêche d'avancer.

L'isolement m'aide à l'atteindre, l'anxiété le détruit ou le repousse indéfiniment. Ma première source d'anxiété, ce sont les soucis d'argent. En quelque sorte, ce souci incontrôlable d'argent m'empêche d'avoir de l'argent. Je suis dans un cycle d'autodestruction comme ça depuis des années.

Cependant, parfois, je peux fermer mes portes, mettre mes écouteurs, me «resserrer», plonger dans un livre que j'aime, et pourtant, tout semble encore lent et lourd: je n'arrive pas à atteindre l'état de légèreté tant aimé. Je prends une heure pour lire une seule page d'un livre de philosophie, et je ne suis pas même certain d'avoir compris quoi que ce soit. Je peux aussi refermer le livre, et je ne me souviendrai plus de rien quelques minutes après: je suis dans les «limbes» tant détestés. Je suis alors stérile, infertile, improductif, infructueux, et ça me tue.

Pourquoi? -Je ne sais pas, mais le corps ne semble pas tout le temps vouloir suivre. Le corps est une machine compliquée, comme l'esprit: le contrôle de leur mécanisme complexe échappe au pouvoir d'un seul individu, comme d'une multitude.

Bref, je n'ai pas le contrôle sur mon «bonheur».

Quand je suis bien heureux, je fais souvent des plans sur plusieurs années, avec de grands projets qui demandent une somme d'énergie considérable. Mais bien souvent, aussi, quelques jours plus tard, je dois tout effacer et jeter aux poubelles mes ambitieux échafaudages, car c'est la banqueroute physique, morale et intellectuelle.

Mon énergie marche par accumulation paroxystique-décharge complète: je suis un type «passionné», un peu comme sur le principe d'une bombe.

Quand je pense à une chose, elle occupe toute ma tête, tout mon corps, toute ma vie: elle m'envahit, prend possession de moi, je deviens un «médium» de cette chose, un peu comme un démon l'est par le diable.

C'est pour ça qu'à un moment donné, je suis «vidé»: c'est malheureux, mais il est inévitable que je le devienne en fonctionnant ainsi.

Je ne semble pas avoir de contrôle sur cette façon d'être.

Je ne sais qu'une chose: l'isolement dans «mon monde» me nourrit; l'extérieur, la plupart du temps, quand je suis obligé d'y penser, d'y fonctionner, me vide, me tue.

Je suis bien en moi, dans mes choses, dans mon monde, je suis heureux.

Mon monde, mon laboratoire, c'est la plupart du temps ma bibliothèque.

Mais ce peut être aussi un café, si j'arrive à bien m'y centrer en moi-même.

Au fond, si j'arrive à bien me centrer en moi-même, je suis partout chez moi: il n'y a plus d'«extérieur».

Il y a quelque chose de très profond dans ces paroles de Hegel:

«L'essence de l'esprit est la liberté, il est lui-même dans son Autre. L'esprit est cet "être-chez-soi" dans son Autre.»