«Je n'ai qu'une passion: celle qui me permet d'être libre sous le joug, content dans la peine, riche dans la nécessité et vivant dans la mort.» Giordano Bruno

vendredi 24 juillet 2026

Les objets meurent aussi

C'est l'intuition qui m'est venue lors de ma dernière visite à Montréal. 

En circulant dans les rues, j'ai vu le dépérissement des bâtiments, même le changement complet de coins de rue.

Rien ne reste pareil, même l'intérieur des maisons. Définitivement, les endroits où j'ai vécu, où j'ai circulé, où j'ai souffert, et où j'ai aimé, n'existent plus et ne sont plus que dans ma mémoire, qui s'estompe, elle aussi.

Toute notre réalité matérielle est une sorte d'illusion. 

Il ne sert à rien de s'attacher aux objets ou aux lieux: ils périssent tout comme nous.

vendredi 10 juillet 2026

Ma mère est dans un centre

Je me sens vraiment mal.

J'ai l'impression d'être en train de mourir...

Je ne peux pas croire qu'on en soit rendu là.

Je n'ai personne non plus à qui en parler, sauf ce journal...

Il me faut maintenant essayer de ne pas avoir de crise de panique, et surtout, travailler sur mon énergie, la bonne énergie, c'est vital.

mercredi 8 juillet 2026

Effervescence

Ce matin, j'ai senti ce que j'appellerais l'effervescence

C'est un sentiment extrêmement plaisant de pétillement intérieur.

Ce phénomène n'est pas nouveau et je l'ai éprouvé plusieurs fois lorsque je disposais de beaucoup de temps libre.

Je commence à lire un livre, puis je passe à un autre livre dès que j'en sens l'inspiration, puis je passe à l'étude des échecs, puis je joue aux échecs, puis je reviens à d'autres lectures, toujours en suivant le fil de mes envies. Tout me semble suivre une logique, un fil continu, même si c'est extrêmement discontinu. Néanmoins, mon cerveau et mon corps veulent cela, ils se sentent bien là-dedans, dans cet éparpillement total, comme dans un état d'ivresse. 

Cela me fait penser à moi enfant qui rêvait de me cacher dans une épicerie lors de la fermeture, et ensuite de sortir de ma cachette pour goûter à tout. Le même désir s'est transposé plus tard aux bibliothèques. 

Je suis quelqu'un qui a soif de tout connaître et de tout faire.

Hausse des prix à la pompe

"Ah que l'essence est donc rendue ben chère!"

C'est tout ce que les conducteurs de chars trouvent à dire au journaliste, en gazant leur char au coin de la pompe...

Tantôt, ce sera le prix de l'électricité!

Hey! Ces conducteurs de chars veulent pouvoir continuer à polluer la planète, ils paient, alors c'est leur droit!

Aucun souci de l'environnement dans leur pensée, leur parole. Aucune honte non plus de polluer l'atmosphère. 

Ce sont des pollueurs qui s'assument, avec un sourire, même. Car ils se doutent d'êtres des écoeurants. 

Ils n'ont pas le choix de conduire un char, personne n'a le choix, tout le monde fait donc comme tout le monde, et ça devient bien, alors que ce ne l'est pas. Demandez à la nature, demandez à mes poumons!

Ces gens m'écoeurent totalement par leur inconscience.

À mes yeux, avoir un char devient de plus en plus immoral.

Personne ne peut plus être fier d'avoir un char, ni un beau char, ni même un char électrique. 

Prenez vos jambes. Rapprochez-vous de votre lieu de travail. Marchez, pédalez, au pire, achetez-vous une bicyclette ou une trottinette électrique, prenez tous les moyens possibles pour polluer le moins possible et faites de l'activité physique tous les jours en vous déplaçant, recommandation d'un cardiologue qui va au travail tous les jours en bicyclette, été comme hiver. Les transports en commun peuvent être bons, mais souvent je me déplace plus vite qu'eux avec mon bicycle. 

jeudi 2 juillet 2026

Des choses qui font mal

J'ai appris aujourd'hui que ma mère s'enfonçait dans la démence. Qu'elle ne savait plus qu'elle avait un fils.

Son logement doit être vidé.

Tout ce que je pourrai récupérer ce sont des albums photos et quelques cossins, n'ayant aucun moyen ni aucune place pour récupérer le reste.

J'éprouve une douleur sourde, comme un engourdissement, comme un choc lobotomique au cerveau. Tout ce que je trouve à faire, c'est boire, écouter de la musique et lire, sans arriver à rien de bon.

Je me sens perdu, comme si j'avais été trop bousculé par la vie.

Je me sens, encore une fois, lâché lousse dans le vide, comme lors de mon divorce en 2018.

Ma blonde me laisse, je dois déménager, je suis endetté par-dessus la tête, je veux changer de travail et revenir aussi à Montréal, ma santé est incertaine, mon appartement déborde de livres comme jamais, et j'ai un petit chien à m'occuper...

Tout ça arrive en même temps, et je dois rester calme, et trouver le moyen de ne pas faire de crise de panique ou de crise cardiaque alors qu'à chaque jour je suis déjà à terre et que je pense déjà à ma mort...

Ma solitude et mon impuissance sont oppressantes.

J'ai décidé de recontacter le seul ami que je pourrais avoir, pour jouer un peu aux échecs et jaser, un vrai croyant catho, mais il s'est avisé, entre-temps, de devenir aussi un fervent trumpiste, comme par exprès...

Je dois absolument rester calme, et attendre une éclaircie. Sinon, je risque de couler.

Comme j'ai dit à ma blonde l'autre jour en partant promener le chien: "Rions et foutons-nous de tout!", un roman de Ballard à la main, qui m'avait déjà fait beaucoup rire avec son Crash!

Je dois rester le plus possible dans cette attitude, quand tout semble aller dans le mauvais sens pour me tirer vers le fond.

J'ai quand même appris quelque chose de mon divorce, un des pires moments de ma vie. 

Je dois conserver mon énergie sur les bonnes choses, c'est vital.

Juste avoir de l'énergie, dans cette situation, est déjà un accomplissement et un début de solution.

dimanche 28 juin 2026

L'instant stoïcien

Sur "ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous", moi personnellement, ça achoppe.

Que le passé ne dépend plus de nous, puisqu'il n'est plus, que l'avenir ne dépend pas de nous, puisqu'il n'est pas encore, et que seul l'instant présent est, que seul le présent dépend de nous, cela je ne peux vraiment le comprendre. 

Qu'il est inutile de se troubler pour ce qui n'est plus ou ce qui ne sera peut-être jamais... je trouve que ce ne sont que des paroles pour rassurer, et mal.

Pour moi, le passé est toujours, et l'avenir est certain d'arriver, alors comment ne puis-je me soucier que de l'instant présent, qui, au fond, ne dépend pas plus de moi?

Je peux brièvement me concentrer sur l'instant présent, mais pour moi, les deux autres dimensions du temps sont toujours aussi présentes, et même très réelles.

Car comment puis-je être moi-même aujourd'hui sans mon passé? 

Tout ce que je suis aujourd'hui et même tout ce que je peux être est conditionné par mon passé et par l'avenir tel que je le conçois. 

Tout ce que je perçois dans l'instant présent, et comment je le perçois, est conditionné par mon vécu, de même que par la façon dont je me projette dans l'avenir. 

Les trois dimensions sont du temps vécu, elles sont en moi, je ne peux en faire abstraction et penser que je peux vivre seulement l'instant "pur".

Dans le présent, il y a toujours à la fois du passé et de l'avenir.

Pourquoi les gens courent-ils?

J'entends tous les jours des bruits de pas rapides dans la rue, et ça m'énerve, alors que j'ai pourtant fait moi-même souvent de la course.

Comment les gens en sont-ils venus à croire que courir était bon?

Une étude récente a établi une corrélation entre les marathoniens et le cancer du colon, puisque le sang étant sursollicité dans les muscles, cela entraînerait des mutations génétiques dans le colon où le sang est moins présent. 

Cela reste encore à prouver.

Mais penchons-nous plutôt sur le début de cette "mode" du jogging.

Apparemment que c'est Nike qui a lancé cette idée de courir avec les nouvelles semelles en caoutchouc, au lieu du cuir.

C'est donc, à la base, une innovation technologique qui a permis d'associer la "jogging" et la santé, alors qu'au départ, l'idée de Nike ne devait être que de trouver une façon de convaincre les gens d'user leurs semelles plus rapidement, pour pouvoir acheter d'autres souliers, car il y a aussi dans ce phénomène du jogging, un effet de mode.

Il n'a jamais été évident que les grands sportifs vivent longtemps, alors pourquoi associer le sport ou le jogging à la santé? Il ne semble pas y avoir de corrélation à ce niveau avec la longévité, ce serait même plutôt parfois le contraire. 

Par contre, être actif physiquement est sûrement bon pour garder la santé, mais dans une certaine mesure, que l'on ne respecte plus ni sommes intéressés à connaître, car l'on pense dans les pays occidentaux, et cela était à prévoir, qu'en tout, "trop ce n'est pas assez". 

On pense que si on prend 1000 mg de vitamine C par jour, on va être plus en santé que si on en prend 100 ou 200, ce qui est à peu près la quantité nécessaire au corps humain, l'excédent étant rejeté aux toilettes, usant ainsi les reins prématurément avec un excès de vitamines. 

C'est la même chose pour l'activité physique. En faire trop entraîne de l'usure prématurée et des blessures qui entame la longévité, et n'être pas assez actif physiquement entraîne de l'ankylose.

Il faut trouver le juste milieu, comme en tout, et je crois que c'est ce qui est le plus difficle à nous qui sommes "gâtés" par la technologie, dans tous les sens du mot, car nous avons oubliés cette notion de "juste milieu" en la troquant pour la notion de "performance" et de "spectacularité", car les développements technologiques permettent tous les excès. 

Ceux qui vivent après 100 ans ne sont pas non plus ceux qui avaient les plus gros bras.

Les gros bras sont peut-être une illustration de la force, mais certainement pas de la santé et du juste milieu. Comme avoir 1682 "amis" sur Facebook ne peut signifier à quel point on est capable de véritable amitié. Nous sommes toujours trop impressionnés par la quantité, mais la qualité est plus difficile à évaluer pour nous, car notre système économique la bousille délibérément, alors nous la connaissons donc moins, et pensons davantage en terme de quantité. 

Il faudrait commencer à envisager l'entraînement et la santé d'une façon différente, non plus basée sur l'excès et l'ignorance, mais sur l'harmonie et l'intelligence, et surtout l'écoute de soi, au lieu du déni de son corps et de se voir comme un simple instrument au service de la performance, qui mène à quoi après tout? À la réalisation maximale de sa vie? En vain, car il ne peut pas y avoir de maximum pour nous, la course est donc vouée d'avance à devenir effrénée, et c'est la raison du non-sens de la vie d'aujourd'hui. 

Peut-être devrions-nous viser plutôt la réalisation en terme de "mieux vivre" et de "meilleure vie", ce qui apporte une nuance subtile, mais importante, comparativement à vivre sa vie "au maximum", ce qui se traduit toujours par vivre le plus grand nombre d'expériences vécues, et de la façon la plus spectaculaire possible. 

C'est loin du "juste milieu" et de la vie bonne.

L'énigme des nuages de pluie

C'est à la plage au Nouveau-Brunswick que j'ai découvert, il y a seulement quelques années, les nuages de pluie dans une véritable confrontation, je dirais même, une révélation. 

Il faisait beau, mais tout d'un coup ça a changé: une file de nuages gris, difformes, laids et épeurants, venaient s'installer devant nous par la gauche.

J'ai pu alors bien les observer et comprendre leur caractère menaçant. 

Les "bons" nuages sont blancs avec des rondeurs et sont hauts dans le ciel. Les nuages de pluie sont gris foncé avec des pointes, des piques vers le bas, ils sont difformes et rapprochés, bref, ils ont l'air "mauvais".

Et ce qui fait que tout cela est merveilleux, si on veut faire de l'esprit, c'est que ces "mauvais" nuages sont indispensables aux "bons" nuages, car ceux-ci ne peuvent être que s'il pleut.

Tout cela est bien beau.

Comment peut-on expliquer maintenant ces sentiments esthétiques avec la théorie de l'évolution?

Pourquoi les "bons" nuages avec des rondeurs sont vraiment beaux, et les "mauvais" nuages avec des piques et des difformités sont vraiment laids? Tellement que leur seule laideur m'indique qu'il y a danger.

Des difformités dans la nature organique sont souvent une nuisance pour la survie, et cela pourrait être une raison pourquoi nous les trouvons laides, mettons, mais en quoi des difformités dans les nuages sont-elles une nuisance? Comment se fait-il que dans ce cas, la difformité soit associée à un caractère menaçant?

Je promenais mon chien tard hier soir, et je pouvais bien observer les arbustes, les buissons, je sentais bien toutes les odeurs évanescentes dans l'air, la verdure, l'herbe, l'humidité, j'avais des moments magiques de jouissance esthétique. 

Comment peut-on expliquer toute cette beauté de la nature, cette richesse esthétique et cette diversité si elle n'évolue qu'en ayant la survie en vue?

jeudi 28 mai 2026

Discussions futiles sur la théorie de l'évolution

J'ai encore fait l'erreur d'embarquer dans une de ces discussions inutiles.

La théorie de l'évolution n'expliquerait pas l'origine de la vie, mais seulement l'origine des espèces dans leurs transformations à partir du déjà vivant.

Voilà la belle subtilité, pour ceux qui aiment s'obstiner, et qui se retrouvent à la fin, au pied du mur.

Ainsi on peut très bien être un petit drôle en étant évolutionniste, et à la fois, croyant.

Mais pensez-y bien. Puisque la théorie de l'évolution n'est censée expliquer que l'origine des espèces et non l'origine de la vie, elle n'explique pas vraiment l'origine des espèces, elle n'explique rien du tout. Le mot "origine" est utilisé pour faire un genre de sophisme au service de ceux qui veulent se débarrasser de la religion. Il s'agit en fait d'un jeu de mots propre à Darwin, comme il le fait avec le titre de son deuxième ouvrage The descent of man, dans lequel le mot "descent" peut signifier "descente" au sens d'une "chute" (d'un piédestal), ou encore "origine".

La partie qui s'intéresse à l'origine de la vie est distincte de cette théorie et s'appelle l'abiogenèse. Elle est censée expliquer le passage du non-vivant au vivant, et c'est non prouvé.

Alors ceux qui croient à l'évolution et qui sont athées la plupart du temps, sans raison d'ailleurs, puisqu'il n'y a pas de liens entre les deux options, n'ont aucune explication quant à l'origine de la vie. Et pourtant, ils se montrent souvent suffisants et obstinés face aux croyants dans leurs discussions en essayant de les convaincre qu'il n'y a pas de Dieu, alors que Dieu pourrait bien avoir créé la première cellule, mettons, à partir de laquelle tout a évolué. 

Ce qui fait que toute discussion avec cette catégorie d'emmerdeurs "scientifiques" est absolument futile et qu'il vaut mieux garder ses énergies pour autre chose. Ce n'est qu'un autre de ces dialogues de sourds qui n'aboutit toujours qu'à la chicane.

L'évolutionniste est borné et ne se pose pas la question du "pourquoi" de la vie, de son origine et de son sens, mais se satisfait du "comment", et n'essayez pas de comprendre pourquoi. On lui dit que le chien descend du loup, et le loup de l'amibe, et il est content: c'est tout ce qu'il voulait savoir. 

Au fond, la théorie de l'évolution s'accorde très bien avec la mentalité de ceux qui veulent tout se permettre, souvent au nom du plus fort. Cela participe d'un processus de décivilisation, dans lequel même les croyants se retrouvent embarqués.

mardi 26 mai 2026

Le nouveau Moi

J'ai été très malade dernièrement, et je le suis encore. J'ai des problèmes respiratoires et je dois ralentir la cadence. Je dois aussi ralentir mon cœur, et tout mon système en général, ne plus toujours être au bord de la panique, et permettre à la vraie détente de prendre sa place dans ma vie.

Je ne veux plus aller vite, je ne veux plus l'accélération, je veux la lenteur.

Je veux laisser le temps à mon esprit de s'éveiller par lui-même le matin, je ne veux plus le forcer avec du café. 

Cette nouvelle lenteur doit se refléter dans toute ma façon d'être. 

jeudi 21 mai 2026

Tout est Un

Au niveau de l'infini, mon existence n'a pas plus de sens qu'un brin d'herbe que je foule nonchalamment ou qu'un insecte que j'écrase sans m'en rendre compte en marchant sur le trottoir. 

C'est ainsi qu'il faut se penser.

Tout cela EST UN.

Ce que l'homme ne prend même pas le temps de considérer, je le suis.

mardi 19 mai 2026

Question de Kant

La question de Kant: "Que dois-je faire ?", question activiste, entreprenante et idéaliste, on va dire, devrait être remplacée par la question beaucoup plus réaliste, rassise et résignée: "Que puis-je y faire?".

vendredi 15 mai 2026

Comme dans un fucking jeu vidéo

Des fois je suis tanné d'être un être humain et d'avoir à toujours me raser. J'aimerais pouvoir avoir le contrôle sur ma barbe et choisir quand elle pousse. Même chose pour le reste. Je ne contrôle presque rien de mon corps, et tant qu'à y être, probablement rien de mon esprit. J'aimerais pouvoir tout contrôler de ma vie, de mon être, comme dans un fucking jeu vidéo. 

mardi 5 mai 2026

Make a deal bitch! 500$ le baril svp!

Comme ça y en a une couple qui vont être obligés de redécouvrir leurs jambes et de rouler en bicycle ou de marcher, comme moi! Sauf que moi je le fais volontairement dans un souci de faire de l'exercice quotidiennement et dans un souci de la planète, ainsi que de la santé des autres (gaz, bruit, espace, etc.). Tandis que la plupart vont le faire à contrecoeur, autrement ils continueraient de détruire la planète et la santé des gens sans aucune honte avec leurs gros crisses de chars de marde qui prennent toute la place!

Arrêtez de dormir au gaz et réveillez-vous!

lundi 4 mai 2026

Permafrost Québec

Six mois solide par année de frette! Là on est rendu à pluie, frette, pluie, frette, etc.

vendredi 1 mai 2026

2 types de dépendance

1. Il y a ceux qui ont fumé du crack.

2. Et il y a ceux qui ont fumé du Facebook.

Les 3 règles d'or

1. Mange

2. Prend tes pilules

3. Ferme ta gueule

jeudi 30 avril 2026

Mes zoreilles ont soif

En musique, je suis incapable d'aller vers le passé. Tout ce qui est musique de l'ancien temps ou anciens hits, ou musique que j'ai déjà écouté et beaucoup aimé, il m'est impossible d'y revenir, je dois toujours aller de l'avant, vers du nouveau. Mes oreilles ont soif de nouveaux sons, ont soif de nouveautés, ont soif d'inspiration. 

jeudi 23 avril 2026

Déjà vu

En vieillissant, tout prend une tournure de déjà vu qui donne la nausée.

Même les choses qu'on a idéalisées deviennent banales devant les revers, la maladie, devant la mort qui approche.

Il arrive souvent dans une semaine que je me dise à propos de la vie: "C'est juste ça?". Ça a l'air que oui. Y a rien d'autre, et rien de plus. Le vent frette te fouettes la face sept mois par année, pis tu végètes sur une boule de poussière dans le grand nulle part, tu copules, tu chies et tu crèves sans savoir pourquoi tu as existé. Tu vas t'approvisionner dans une épicerie près de chez toi, toujours la même crisse d'épicerie. Tu ne sais plus pourquoi tu y vas encore, mais c'est juste parce que t'as faim.

Par exemple, j'aime les brunettes, je ne sais pas pourquoi, et je ne le saurai jamais. Comme si j'avais été une IA programmée pour aimer les brunettes, c'est tout, et c'est aussi absurde que cela.

J'ai l'impression depuis quelques années que la vie oscille autour de trois ou quatre éléments. Et que ça ne changera plus jamais. Le jeu s'est vachement resserré.

Ça ne va jamais bien dans le monde.

Ni dans mon corps.

Il faut toujours se battre pour survivre, et ceux qui souvent gagnent à cette lutte où prime l'agressivité, sont loin d'être les meilleurs. Mais c'est ceux-là qu'on veut, qu'on s'arrache, parce qu'ils poussent dans les coins, réduisent aux abois ceux qui ne veulent pas se battre. On préfère ceux-là parce qu'ils servent bien les maîtres.

Manger, dormir, travailler, courir après le temps et l'argent, faire le ménage, faire les courses, payer mes dettes, me distraire, profiter d'un petit morceau de joie, souffrir en bloc, voilà en gros ma vie quotidienne.

Y a pas à dire, la vie est plate. Et je dois vivre pour ça?

J'aime bien parfois me faire accroire, surtout au couché, qu'il n'y a pas que cette réalité misérable et nauséabonde. 

J'ai des idées de Dieu, une sensation même. Je me coule dans l'Un, et je m'endors. Ça marche. Je me lève souvent tout reposé. Mais ça ne dure pas, et j'ai peur que si je répète trop souvent l'expérience, ça devienne banal, et c'est mon dernier refuge!

Alors, je n'abuse pas de Dieu.

Je pensais pouvoir trouver une solution à cette existence au moyen de la connaissance, mais c'est le contraire qui s'est produit: j'ai plus que jamais des interrogations. Les choses se profilent mal. Je ne pourrai pas mourir serein!

Je n'ai toujours pas de réponse à la question de l'existence, pas plus que quand j'ai commencé, dans ma jeunesse, mes recherches. Je n'ai même pas un indice de réponse! Je me rends compte que je n'ai rien! Que je suis banqueroute!

Il ne me reste qu'à errer comme un fantôme dans les ruines de mes souvenirs, depuis qu'on a changé au complet certains coins de rue. Ça fait mal, de voir que tout crisse le camp. Qu'il n'y a rien de solide après quoi se rattacher. Que même si tu racontes ton histoire unique, il va y en avoir 10 000 autres qui vont tous raconter une histoire unique aux mêmes coins de rues qui vont tous disparaître les uns après les autres, ce qui fait que plus personne ne saura qui a parlé de quoi, ni même si quelque chose n'a jamais été dit, bref, c'est comme s'il ne s'était jamais rien produit, et que rien n'avait été vécu. 

Tu disparaîtras, et même les choses disparaîtront. 

Ce sera comme s'il n'y avait jamais rien eu, comme si tu n'avais jamais existé. 

C'est ainsi que le déjà vu est toujours nouveau.

L'idée de l'Infini, si on s'en imprègne bien, c'est Dieu. Et c'est pourtant ce côté de la science actuelle que la science ne voit pas, ou ne veut pas voir, par peur de se rapprocher de la métaphysique ou des religions. 

Brigitte ne fait pas mal

Tous les mots qui finissent en "ite" font mal, mais pas Brigitte.