«Je n'ai qu'une passion: celle qui me permet d'être libre sous le joug, content dans la peine, riche dans la nécessité et vivant dans la mort.» Giordano Bruno

jeudi 23 avril 2026

Déjà vu

En vieillissant, tout prend une tournure de déjà vu qui donne la nausée.

Même les choses qu'on a idéalisées deviennent banales devant les revers, la maladie, devant la mort qui approche.

Il arrive souvent dans une semaine que je me dise à propos de la vie: "C'est juste ça?". Ça a l'air que oui. Y a rien d'autre, et rien de plus. Le vent frette te fouettes la face sept mois par année, pis tu végètes sur une boule de poussière dans le grand nulle part, tu copules, tu chies et tu crèves sans savoir pourquoi tu as existé. Tu vas t'approvisionner dans une épicerie près de chez toi, toujours la même crisse d'épicerie. Tu ne sais plus pourquoi tu y vas encore, mais c'est juste parce que t'as faim.

Par exemple, j'aime les brunettes, je ne sais pas pourquoi, et je ne le saurai jamais. Comme si j'avais été une IA programmée pour aimer les brunettes, c'est tout, et c'est aussi absurde que cela.

J'ai l'impression depuis quelques années que la vie oscille autour de trois ou quatre éléments. Et que ça ne changera plus jamais. Le jeu s'est vachement resserré.

Ça ne va jamais bien dans le monde.

Ni dans mon corps.

Il faut toujours se battre pour survivre, et ceux qui souvent gagnent à cette lutte où prime l'agressivité, sont loin d'être les meilleurs. Mais c'est ceux-là qu'on veut, qu'on s'arrache, parce qu'ils poussent dans les coins, réduisent aux abois ceux qui ne veulent pas se battre. On préfère ceux-là parce qu'ils servent bien les maîtres.

Manger, dormir, travailler, courir après le temps et l'argent, faire le ménage, faire les courses, payer mes dettes, me distraire, profiter d'un petit morceau de joie, souffrir en bloc, voilà en gros ma vie quotidienne.

Y a pas à dire, la vie est plate. Et je dois vivre pour ça?

J'aime bien parfois me faire accroire, surtout au couché, qu'il n'y a pas que cette réalité misérable et nauséabonde. 

J'ai des idées de Dieu, une sensation même. Je me coule dans l'Un, et je m'endors. Ça marche. Je me lève souvent tout reposé. Mais ça ne dure pas, et j'ai peur que si je répète trop souvent l'expérience, ça devienne banal, et c'est mon dernier refuge!

Alors, je n'abuse pas de Dieu.

Je pensais pouvoir trouver une solution à cette existence au moyen de la connaissance, mais c'est le contraire qui s'est produit: j'ai plus que jamais des interrogations. Les choses se profilent mal. Je ne pourrai pas mourir serein!

Je n'ai toujours pas de réponse à la question de l'existence, pas plus que quand j'ai commencé, dans ma jeunesse, mes recherches. Je n'ai même pas un indice de réponse! Je me rends compte que je n'ai rien! Que je suis banqueroute!

Il ne me reste qu'à errer comme un fantôme dans les ruines de mes souvenirs, depuis qu'on a changé au complet certains coins de rue. Ça fait mal, de voir que tout crisse le camp. Qu'il n'y a rien de solide après quoi se rattacher. Que même si tu racontes ton histoire unique, il va y avoir 10 000 autres taouins qui vont tous raconter une histoire unique aux mêmes coins de rues qui vont tous disparaître les uns après les autres, ce qui fait que plus personne ne saura qui a parlé de quoi, ni même si quelque chose n'a jamais été dit, bref, c'est comme s'il ne s'était jamais rien produit, et que rien n'avait été vécu. 

Tu disparaîtras, et même les choses disparaîtront. 

Ce sera comme s'il n'y avait jamais rien eu, comme si tu n'avais jamais existé. 

C'est ainsi que le déjà vu est toujours nouveau.

L'idée de l'Infini, si on s'en imprègne bien, c'est Dieu. Et c'est pourtant ce côté de la science actuelle que la science ne voit pas, ou ne veut pas voir, par peur de se rapprocher de la métaphysique ou des religions. 

Brigitte ne fait pas mal

Tous les mots qui finissent en "ite" font mal, mais pas Brigitte.

vendredi 17 avril 2026

Avril du crisse

Je suis extrêmement malade de ces temps-ci, tellement que hier, je me sentais comme un mourant. J'étouffais littéralement. Nez et poumons scrap. J'étais essoufflé juste en marchant. J'ai vu pneumologue et rhumatologue cette semaine, ils ne peuvent rien faire, ils ne savent pas ce que j'ai. Je sens des vibrations dans mes poumons depuis janvier.

Moi qui pensais qu'en avril tout serait beau, après un hiver difficile physiquement et psychologiquement, que je pourrais retourner au gym et me remettre sur la track, je me trompais, parce que j'avais oublié le pic de pollen en avril. Mais les problèmes sérieux ont commencé au début mars, dès qu'il y a des petits bourgeons dans les arbres.

J'ai pris conscience, de plus en plus clairement au fil des mois, des années peut-être, à force de me promener en bicycle sous la pluie frette, que nous avons au Québec, un bon 7 mois par année de noirceur, de froid, de neige, de glace, de pluie, de vent arctique, où personnellement, je ne peux rien faire d'autre que souffrir et rester encabané les jours de congé. Avec l'âge, je trouve ce pays extrêmement déprimant et difficile à vivre.

Je devrais aller mieux en mai, mais on va voir comment ça va aller cette année. J'espère que ma vie n'est pas déjà finie. Avec les problèmes de santé que j'ai, je n'ai pas le choix de penser à ça quotidiennement et de me faire du souci. Les problèmes respiratoires, entre autres, me rappellent constamment ma condition. Je voudrais revenir à Montréal, où il y a plus d'humidité, mais qui sait si je serais vraiment mieux là-bas aujourd'hui? Une chose est sûre, c'est que je serais au moins psychologiquement mieux, et ce serais mon rêve d'y retourner, mais c'est tellement compliqué, que je sais pas en combien d'étapes ce sera possible. C'est juste une question d'argent, encore une fois.

J'aimerais vivre en coop à Montréal avec mon petit chien, et mourir là-bas, dans mes souvenirs, seul et isolé. 

mardi 14 avril 2026

Le détroit d'Ornoir

Ce que le blocage du détroit d'Ormuz nous révèle, c'est à quel point nous sommes absolument et mondialement dépendants du pétrole, et ce, pour encore des centaines d'années à venir de pollution et de centaines de millions de barils de pétrole pulvérisés par jour dans l'atmosphère, déjà très polluée de la Terre.

Combien de temps encore la Terre pourra-t-elle tenir?

lundi 13 avril 2026

Le but de la vie?

"Servir Dieu."

J'ai lu ça en quelque part.

C'est assez vague merci. Mais ça a le gros avantage de la simplicité.

En fait, c'est la réponse la plus simple que j'ai trouvé à l'existence, et la plus efficace pour régler la question, qui, quoi qu'en disent les scientifiques, n'est pas plus réglable, au bout du compte, par la science.