«Je n'ai qu'une passion: celle qui me permet d'être libre sous le joug, content dans la peine, riche dans la nécessité et vivant dans la mort.» Giordano Bruno

dimanche 9 août 2026

Houellebecq a été cloné

Dernièrement, j'ai voulu faire de la place dans mes bibliothèques, et j'ai décidé de m'attaquer à Houellebecq, de lire le plus de romans possible de lui (j'ai tout), et ensuite, de les donner dans une des boîtes à livres qui m'entourent dans mon quartier. Je n'avais pas une bonne opinion de cet auteur que j'avais seulement feuilleté, et pas aux bons endroits.

J'ai commencé avec "Les particules élémentaires" et j'ai été agréablement surpris par la qualité de l'histoire. Mon opinion sur Houellebecq a immédiatement changé. Ensuite, j'ai décidé de m'attaquer à "Anéantir", car c'était un gros livre, il allait libérer plus de place dans ma bibliothèque. Je l'ai trouvé trop long, beaucoup moins bon, et surtout, très lourd. Je l'ai donné sans regret.

Puis j'ai lu "La possibilité d'une île". Au début, j'ai eu un peu de difficulté à saisir le contexte, puis au fil de la lecture, j'ai compris. C'est vraiment un très bon livre, qui ressemble un peu par son propos au premier que j'ai lu.

Je l'ai donné hier, mais j'y repense encore, et probablement que je vais y repenser souvent, dans les prochaines années. 

Au centre de cancérologie

Lors d'un de mes rendez-vous au centre, un couple âgé discutait dans la salle d'attente, j'imagine que c'était suite à une mauvaise nouvelle.

On les entendait dans toute la salle d'attente, même de loin, car c'était écho.

La femme disait à son conjoint: "C'est terminé! Comprends-tu qu'ils ne peuvent rien faire? C'est terminé!"

Elle n'arrêtait pas de répéter que "c'était terminé", comme si elle n'en revenait pas.

Il avait un cancer de la vessie inopérable.

Lui, qui ne semblait pas triste, lui a répondu calmement: "Ben oui, mais même s'ils trouvaient une façon de traiter ma vessie, je ne vivrais pas éternellement!"

Cette réponse a comme clos la discussion.

C'était une évidence. Même moi j'étais d'accord. Je me suis même dit: "Quelle bonne façon d'accepter la mort!"

Mais quand on y pense un peu plus, si les médecins réussissaient à guérir son cancer, et ensuite à réparer tous les autres morceaux qui lâchent, mieux à stopper le vieillissement, voire, l'inverser quelque peu, notre homme pourrait vivre indéfiniment...

Mourir n'est donc pas une évidence. 

Mais en attendant, effectivement, il faut trouver des moyens de l'accepter. 

C'est le livre que je suis en train de lire de Sogyal Rinpoché, "Le livre tibétain de la vie et de la mort", qui m'a rappelé cette anecdote. 

vendredi 24 juillet 2026

Les objets meurent aussi

C'est l'intuition qui m'est venue lors de ma dernière visite à Montréal. 

En circulant dans les rues, j'ai vu le dépérissement des bâtiments, même le changement complet de coins de rue.

Rien ne reste pareil, même l'intérieur des maisons. Définitivement, les endroits où j'ai vécu, où j'ai circulé, où j'ai souffert, et où j'ai aimé, n'existent plus et ne sont plus que dans ma mémoire, qui s'estompe, elle aussi.

Toute notre réalité matérielle est une sorte d'illusion. 

Il ne sert à rien de s'attacher aux objets ou aux lieux: ils périssent tout comme nous.

vendredi 10 juillet 2026

Ma mère est dans un centre

Je me sens vraiment mal.

J'ai l'impression d'être en train de mourir...

Je ne peux pas croire qu'on en soit rendu là.

Je n'ai personne non plus à qui en parler, sauf ce journal...

Il me faut maintenant essayer de ne pas avoir de crise de panique, et surtout, travailler sur mon énergie, la bonne énergie, c'est vital.

mercredi 8 juillet 2026

Effervescence

Ce matin, j'ai senti ce que j'appellerais l'effervescence

C'est un sentiment extrêmement plaisant de pétillement intérieur.

Ce phénomène n'est pas nouveau et je l'ai éprouvé plusieurs fois lorsque je disposais de beaucoup de temps libre.

Je commence à lire un livre, puis je passe à un autre livre dès que j'en sens l'inspiration, puis je passe à l'étude des échecs, puis je joue aux échecs, puis je reviens à d'autres lectures, toujours en suivant le fil de mes envies. Tout me semble suivre une logique, un fil continu, même si c'est extrêmement discontinu. Néanmoins, mon cerveau et mon corps veulent cela, ils se sentent bien là-dedans, dans cet éparpillement total, comme dans un état d'ivresse. 

Cela me fait penser à moi enfant qui rêvait de me cacher dans une épicerie lors de la fermeture, et ensuite de sortir de ma cachette pour goûter à tout. Le même désir s'est transposé plus tard aux bibliothèques. 

Je suis quelqu'un qui a soif de tout connaître et de tout faire.