«Je n'ai qu'une passion: celle qui me permet d'être libre sous le joug, content dans la peine, riche dans la nécessité et vivant dans la mort.» Giordano Bruno

vendredi 10 juillet 2026

Ma mère est dans un centre

Je me sens vraiment mal.

J'ai l'impression d'être en train de mourir...

Je ne peux pas croire qu'on en soit rendu là.

Je n'ai personne non plus à qui en parler, sauf ce journal...

Il me faut maintenant essayer de ne pas avoir de crise de panique, et surtout, travailler sur mon énergie, la bonne énergie, c'est vital.

mercredi 8 juillet 2026

Effervescence

Ce matin, j'ai senti ce que j'appellerais l'effervescence

C'est un sentiment extrêmement plaisant de pétillement intérieur.

Ce phénomène n'est pas nouveau et je l'ai éprouvé plusieurs fois lorsque je disposais de beaucoup de temps libre.

Je commence à lire un livre, puis je passe à un autre livre dès que j'en sens l'inspiration, puis je passe à l'étude des échecs, puis je joue aux échecs, puis je reviens à d'autres lectures, toujours en suivant le fil de mes envies. Tout me semble suivre une logique, un fil continu, même si c'est extrêmement discontinu. Néanmoins, mon cerveau et mon corps veulent cela, ils se sentent bien là-dedans, dans cet éparpillement total, comme dans un état d'ivresse. 

Cela me fait penser à moi enfant qui rêvait de me cacher dans une épicerie lors de la fermeture, et ensuite de sortir de ma cachette pour goûter à tout. Le même désir s'est transposé plus tard aux bibliothèques. 

Je suis quelqu'un qui a soif de tout connaître et de tout faire.

Hausse des prix à la pompe

"Ah que l'essence est donc rendue ben chère!"

C'est tout ce que les conducteurs de chars trouvent à dire au journaliste, en gazant leur char au coin de la pompe...

Tantôt, ce sera le prix de l'électricité!

Hey! Ces conducteurs de chars veulent pouvoir continuer à polluer la planète, ils paient, alors c'est leur droit!

Aucun souci de l'environnement dans leur pensée, leur parole. Aucune honte non plus de polluer l'atmosphère. 

Ce sont des pollueurs qui s'assument, avec un sourire, même. Car ils se doutent d'êtres des écoeurants. 

Ils n'ont pas le choix de conduire un char, personne n'a le choix, tout le monde fait donc comme tout le monde, et ça devient bien, alors que ce ne l'est pas. Demandez à la nature, demandez à mes poumons!

Ces gens m'écoeurent totalement par leur inconscience.

À mes yeux, avoir un char devient de plus en plus immoral.

Personne ne peut plus être fier d'avoir un char, ni un beau char, ni même un char électrique. 

Prenez vos jambes. Rapprochez-vous de votre lieu de travail. Marchez, pédalez, au pire, achetez-vous une bicyclette ou une trottinette électrique, prenez tous les moyens possibles pour polluer le moins possible et faites de l'activité physique tous les jours en vous déplaçant, recommandation d'un cardiologue qui va au travail tous les jours en bicyclette, été comme hiver. Les transports en commun peuvent être bons, mais souvent je me déplace plus vite qu'eux avec mon bicycle. 

jeudi 2 juillet 2026

Des choses qui font mal

J'ai appris aujourd'hui que ma mère s'enfonçait dans la démence. Qu'elle ne savait plus qu'elle avait un fils.

Son logement doit être vidé.

Tout ce que je pourrai récupérer ce sont des albums photos et quelques cossins, n'ayant aucun moyen ni aucune place pour récupérer le reste.

J'éprouve une douleur sourde, comme un engourdissement, comme un choc lobotomique au cerveau. Tout ce que je trouve à faire, c'est boire, écouter de la musique et lire, sans arriver à rien de bon.

Je me sens perdu, comme si j'avais été trop bousculé par la vie.

Je me sens, encore une fois, lâché lousse dans le vide, comme lors de mon divorce en 2018.

Ma blonde me laisse, je dois déménager, je suis endetté par-dessus la tête, je veux changer de travail et revenir aussi à Montréal, ma santé est incertaine, mon appartement déborde de livres comme jamais, et j'ai un petit chien à m'occuper...

Tout ça arrive en même temps, et je dois rester calme, et trouver le moyen de ne pas faire de crise de panique ou de crise cardiaque alors qu'à chaque jour je suis déjà à terre et que je pense déjà à ma mort...

Ma solitude et mon impuissance sont oppressantes.

J'ai décidé de recontacter le seul ami que je pourrais avoir, pour jouer un peu aux échecs et jaser, un vrai croyant catho, mais il s'est avisé, entre-temps, de devenir aussi un fervent trumpiste, comme par exprès...

Je dois absolument rester calme, et attendre une éclaircie. Sinon, je risque de couler.

Comme j'ai dit à ma blonde l'autre jour en partant promener le chien: "Rions et foutons-nous de tout!", un roman de Ballard à la main, qui m'avait déjà fait beaucoup rire avec son Crash!

Je dois rester le plus possible dans cette attitude, quand tout semble aller dans le mauvais sens pour me tirer vers le fond.

J'ai quand même appris quelque chose de mon divorce, un des pires moments de ma vie. 

Je dois conserver mon énergie sur les bonnes choses, c'est vital.

Juste avoir de l'énergie, dans cette situation, est déjà un accomplissement et un début de solution.

dimanche 28 juin 2026

L'instant stoïcien

Sur "ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous", moi personnellement, ça achoppe.

Que le passé ne dépend plus de nous, puisqu'il n'est plus, que l'avenir ne dépend pas de nous, puisqu'il n'est pas encore, et que seul l'instant présent est, que seul le présent dépend de nous, cela je ne peux vraiment le comprendre. 

Qu'il est inutile de se troubler pour ce qui n'est plus ou ce qui ne sera peut-être jamais... je trouve que ce ne sont que des paroles pour rassurer, et mal.

Pour moi, le passé est toujours, et l'avenir est certain d'arriver, alors comment ne puis-je me soucier que de l'instant présent, qui, au fond, ne dépend pas plus de moi?

Je peux brièvement me concentrer sur l'instant présent, mais pour moi, les deux autres dimensions du temps sont toujours aussi présentes, et même très réelles.

Car comment puis-je être moi-même aujourd'hui sans mon passé? 

Tout ce que je suis aujourd'hui et même tout ce que je peux être est conditionné par mon passé et par l'avenir tel que je le conçois. 

Tout ce que je perçois dans l'instant présent, et comment je le perçois, est conditionné par mon vécu, de même que par la façon dont je me projette dans l'avenir. 

Les trois dimensions sont du temps vécu, elles sont en moi, je ne peux en faire abstraction et penser que je peux vivre seulement l'instant "pur".

Dans le présent, il y a toujours à la fois du passé et de l'avenir.