J'ai appris aujourd'hui que ma mère s'enfonçait dans la démence. Qu'elle ne savait plus qu'elle avait un fils.
Son logement doit être vidé.
Tout ce que je pourrai récupérer ce sont des albums photos et quelques cossins, n'ayant aucun moyen ni aucune place pour récupérer le reste.
J'éprouve une douleur sourde, comme un engourdissement, comme un choc lobotomique au cerveau. Tout ce que je trouve à faire, c'est boire, écouter de la musique et lire, sans arriver à rien de bon.
Je me sens perdu, comme si j'avais été trop bousculé par la vie.
Je me sens, encore une fois, lâché lousse dans le vide, comme lors de mon divorce en 2018.
Ma blonde me laisse, je dois déménager, je suis endetté par-dessus la tête, je veux changer de travail et revenir aussi à Montréal, ma santé est incertaine, mon appartement déborde de livres comme jamais, et j'ai un petit chien à m'occuper...
Tout ça arrive en même temps, et je dois rester calme, et trouver le moyen de ne pas faire de crise de panique ou de crise cardiaque alors qu'à chaque jour je suis déjà à terre et que je pense déjà à ma mort...
Ma solitude et mon impuissance sont oppressantes.
J'ai décidé de recontacter le seul ami que je pourrais avoir, pour jouer un peu aux échecs et jaser, un vrai croyant catho, mais il s'est avisé, entre-temps, de devenir aussi un fervent trumpiste, comme par exprès...
Je dois absolument rester calme, et attendre une éclaircie. Sinon, je risque de couler.
Comme j'ai dit à ma blonde l'autre jour en partant promener le chien: "Rions et foutons-nous de tout!", un roman de Ballard à la main, qui m'avait déjà fait beaucoup rire avec son Crash!
Je dois rester le plus possible dans cette attitude, quand tout semble aller dans le mauvais sens pour me tirer vers le fond.
J'ai quand même appris quelque chose de mon divorce, un des pires moments de ma vie.
Je dois conserver mon énergie sur les bonnes choses, c'est vital.
Juste avoir de l'énergie, dans cette situation, est déjà un accomplissement et un début de solution.