«Je n'ai qu'une passion: celle qui me permet d'être libre sous le joug, content dans la peine, riche dans la nécessité et vivant dans la mort.» Giordano Bruno

dimanche 28 juin 2026

L'instant stoïcien

Sur "ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous", moi personnellement, ça achoppe.

Que le passé ne dépend plus de nous, puisqu'il n'est plus, que l'avenir ne dépend pas de nous, puisqu'il n'est pas encore, et que seul l'instant présent est, que seul le présent dépend de nous, cela je ne peux vraiment le comprendre. 

Qu'il est inutile de se troubler pour ce qui n'est plus ou ce qui ne sera peut-être jamais... je trouve que ce ne sont que des paroles pour rassurer, et mal.

Pour moi, le passé est toujours, et l'avenir est certain d'arriver, alors comment ne puis-je me soucier que de l'instant présent, qui, au fond, ne dépend pas plus de moi?

Je peux brièvement me concentrer sur l'instant présent, mais pour moi, les deux autres dimensions du temps sont toujours aussi présentes, et même très réelles.

Car comment puis-je être moi-même aujourd'hui sans mon passé? 

Tout ce que je suis aujourd'hui et même tout ce que je peux être est conditionné par mon passé et par l'avenir tel que je le conçois. 

Tout ce que je perçois dans l'instant présent, et comment je le perçois, est conditionné par mon vécu, de même que par la façon dont je me projette dans l'avenir. 

Les trois dimensions sont du temps vécu, elles sont en moi, je ne peux en faire abstraction et penser que je peux vivre seulement l'instant "pur".

Dans le présent, il y a toujours à la fois du passé et de l'avenir.

Pourquoi les gens courent-ils?

J'entends tous les jours des bruits de pas rapides dans la rue, et ça m'énerve, alors que j'ai pourtant fait moi-même souvent de la course.

Comment les gens en sont-ils venus à croire que courir était bon?

Une étude récente a établi une corrélation entre les marathoniens et le cancer du colon, puisque le sang étant sursollicité dans les muscles, cela entraînerait des mutations génétiques dans le colon où le sang est moins présent. 

Cela reste encore à prouver.

Mais penchons-nous plutôt sur le début de cette "mode" du jogging.

Apparemment que c'est Nike qui a lancé cette idée de courir avec les nouvelles semelles en caoutchouc, au lieu du cuir.

C'est donc, à la base, une innovation technologique qui a permis d'associer la "jogging" et la santé, alors qu'au départ, l'idée de Nike ne devait être que de trouver une façon de convaincre les gens d'user leurs semelles plus rapidement, pour pouvoir acheter d'autres souliers, car il y a aussi dans ce phénomène du jogging, un effet de mode.

Il n'a jamais été évident que les grands sportifs vivent longtemps, alors pourquoi associer le sport ou le jogging à la santé? Il ne semble pas y avoir de corrélation à ce niveau avec la longévité, ce serait même plutôt parfois le contraire. 

Par contre, être actif physiquement est sûrement bon pour garder la santé, mais dans une certaine mesure, que l'on ne respecte plus ni sommes intéressés à connaître, car l'on pense dans les pays occidentaux, et cela était à prévoir, qu'en tout, "trop ce n'est pas assez". 

On pense que si on prend 1000 mg de vitamine C par jour, on va être plus en santé que si on en prend 100 ou 200, ce qui est à peu près la quantité nécessaire au corps humain, l'excédent étant rejeté aux toilettes, usant ainsi les reins prématurément avec un excès de vitamines. 

C'est la même chose pour l'activité physique. En faire trop entraîne de l'usure prématurée et des blessures qui entame la longévité, et n'être pas assez actif physiquement entraîne de l'ankylose.

Il faut trouver le juste milieu, comme en tout, et je crois que c'est ce qui est le plus difficle à nous qui sommes "gâtés" par la technologie, dans tous les sens du mot, car nous avons oubliés cette notion de "juste milieu" en la troquant pour la notion de "performance" et de "spectacularité", car les développements technologiques permettent tous les excès. 

Ceux qui vivent après 100 ans ne sont pas non plus ceux qui avaient les plus gros bras.

Les gros bras sont peut-être une illustration de la force, mais certainement pas de la santé et du juste milieu. Comme avoir 1682 "amis" sur Facebook ne peut signifier à quel point on est capable de véritable amitié. Nous sommes toujours trop impressionnés par la quantité, mais la qualité est plus difficile à évaluer pour nous, car notre système économique la bousille délibérément, alors nous la connaissons donc moins, et pensons davantage en terme de quantité. 

Il faudrait commencer à envisager l'entraînement et la santé d'une façon différente, non plus basée sur l'excès et l'ignorance, mais sur l'harmonie et l'intelligence, et surtout l'écoute de soi, au lieu du déni de son corps et de se voir comme un simple instrument au service de la performance, qui mène à quoi après tout? À la réalisation maximale de sa vie? En vain, car il ne peut pas y avoir de maximum pour nous, la course est donc vouée d'avance à devenir effrénée, et c'est la raison du non-sens de la vie d'aujourd'hui. 

Peut-être devrions-nous viser plutôt la réalisation en terme de "mieux vivre" et de "meilleure vie", ce qui apporte une nuance subtile, mais importante, comparativement à vivre sa vie "au maximum", ce qui se traduit toujours par vivre le plus grand nombre d'expériences vécues, et de la façon la plus spectaculaire possible. 

C'est loin du "juste milieu" et de la vie bonne.

L'énigme des nuages de pluie

C'est à la plage au Nouveau-Brunswick que j'ai découvert, il y a seulement quelques années, les nuages de pluie dans une véritable confrontation, je dirais même, une révélation. 

Il faisait beau, mais tout d'un coup ça a changé: une file de nuages gris, difformes, laids et épeurants, venaient s'installer devant nous par la gauche.

J'ai pu alors bien les observer et comprendre leur caractère menaçant. 

Les "bons" nuages sont blancs avec des rondeurs et sont hauts dans le ciel. Les nuages de pluie sont gris foncé avec des pointes, des piques vers le bas, ils sont difformes et rapprochés, bref, ils ont l'air "mauvais".

Et ce qui fait que tout cela est merveilleux, si on veut faire de l'esprit, c'est que ces "mauvais" nuages sont indispensables aux "bons" nuages, car ceux-ci ne peuvent être que s'il pleut.

Tout cela est bien beau.

Comment peut-on expliquer maintenant ces sentiments esthétiques avec la théorie de l'évolution?

Pourquoi les "bons" nuages avec des rondeurs sont vraiment beaux, et les "mauvais" nuages avec des piques et des difformités sont vraiment laids? Tellement que leur seule laideur m'indique qu'il y a danger.

Des difformités dans la nature organique sont souvent une nuisance pour la survie, et cela pourrait être une raison pourquoi nous les trouvons laides, mettons, mais en quoi des difformités dans les nuages sont-elles une nuisance? Comment se fait-il que dans ce cas, la difformité soit associée à un caractère menaçant?

Je promenais mon chien tard hier soir, et je pouvais bien observer les arbustes, les buissons, je sentais bien toutes les odeurs évanescentes dans l'air, la verdure, l'herbe, l'humidité, j'avais des moments magiques de jouissance esthétique. 

Comment peut-on expliquer toute cette beauté de la nature, cette richesse esthétique et cette diversité si elle n'évolue qu'en ayant la survie en vue?

jeudi 28 mai 2026

Discussions futiles sur la théorie de l'évolution

J'ai encore fait l'erreur d'embarquer dans une de ces discussions inutiles.

La théorie de l'évolution n'expliquerait pas l'origine de la vie, mais seulement l'origine des espèces dans leurs transformations à partir du déjà vivant.

Voilà la belle subtilité, pour ceux qui aiment s'obstiner, et qui se retrouvent à la fin, au pied du mur.

Ainsi on peut très bien être un petit drôle en étant évolutionniste, et à la fois, croyant.

Mais pensez-y bien. Puisque la théorie de l'évolution n'est censée expliquer que l'origine des espèces et non l'origine de la vie, elle n'explique pas vraiment l'origine des espèces, elle n'explique rien du tout. Le mot "origine" est utilisé pour faire un genre de sophisme au service de ceux qui veulent se débarrasser de la religion. Il s'agit en fait d'un jeu de mots propre à Darwin, comme il le fait avec le titre de son deuxième ouvrage The descent of man, dans lequel le mot "descent" peut signifier "descente" au sens d'une "chute" (d'un piédestal), ou encore "origine".

La partie qui s'intéresse à l'origine de la vie est distincte de cette théorie et s'appelle l'abiogenèse. Elle est censée expliquer le passage du non-vivant au vivant, et c'est non prouvé.

Alors ceux qui croient à l'évolution et qui sont athées la plupart du temps, sans raison d'ailleurs, puisqu'il n'y a pas de liens entre les deux options, n'ont aucune explication quant à l'origine de la vie. Et pourtant, ils se montrent souvent suffisants et obstinés face aux croyants dans leurs discussions en essayant de les convaincre qu'il n'y a pas de Dieu, alors que Dieu pourrait bien avoir créé la première cellule, mettons, à partir de laquelle tout a évolué. 

Ce qui fait que toute discussion avec cette catégorie d'emmerdeurs "scientifiques" est absolument futile et qu'il vaut mieux garder ses énergies pour autre chose. Ce n'est qu'un autre de ces dialogues de sourds qui n'aboutit toujours qu'à la chicane.

L'évolutionniste est borné et ne se pose pas la question du "pourquoi" de la vie, de son origine et de son sens, mais se satisfait du "comment", et n'essayez pas de comprendre pourquoi. On lui dit que le chien descend du loup, et le loup de l'amibe, et il est content: c'est tout ce qu'il voulait savoir. 

Au fond, la théorie de l'évolution s'accorde très bien avec la mentalité de ceux qui veulent tout se permettre, souvent au nom du plus fort. Cela participe d'un processus de décivilisation, dans lequel même les croyants se retrouvent embarqués.

mardi 26 mai 2026

Le nouveau Moi

J'ai été très malade dernièrement, et je le suis encore. J'ai des problèmes respiratoires et je dois ralentir la cadence. Je dois aussi ralentir mon cœur, et tout mon système en général, ne plus toujours être au bord de la panique, et permettre à la vraie détente de prendre sa place dans ma vie.

Je ne veux plus aller vite, je ne veux plus l'accélération, je veux la lenteur.

Je veux laisser le temps à mon esprit de s'éveiller par lui-même le matin, je ne veux plus le forcer avec du café. 

Cette nouvelle lenteur doit se refléter dans toute ma façon d'être.