Lors d'un de mes rendez-vous au centre, un couple âgé discutait dans la salle d'attente, j'imagine que c'était suite à une mauvaise nouvelle.
On les entendait dans toute la salle d'attente, même de loin, car c'était écho.
La femme disait à son conjoint: "C'est terminé! Comprends-tu qu'ils ne peuvent rien faire? C'est terminé!"
Elle n'arrêtait pas de répéter que "c'était terminé", comme si elle n'en revenait pas.
Il avait un cancer de la vessie inopérable.
Lui, qui ne semblait pas triste, lui a répondu calmement: "Ben oui, mais même s'ils trouvaient une façon de traiter ma vessie, je ne vivrais pas éternellement!"
Cette réponse a comme clos la discussion.
C'était une évidence. Même moi j'étais d'accord. Je me suis même dit: "Quelle bonne façon d'accepter la mort!"
Mais quand on y pense un peu plus, si les médecins réussissaient à guérir son cancer, et ensuite à réparer tous les autres morceaux qui lâchent, mieux à stopper le vieillissement, voire, l'inverser quelque peu, notre homme pourrait vivre indéfiniment...
Mourir n'est donc pas une évidence.
Mais en attendant, effectivement, il faut trouver des moyens de l'accepter.
C'est le livre que je suis en train de lire de Sogyal Rinpoché, "Le livre tibétain de la vie et de la mort", qui m'a rappelé cette anecdote.
Aucun commentaire:
Publier un commentaire